Reprendre une 2035 dans le module Passage en SELARL
La déclaration 2035 du praticien fixe la jambe BNC du module Passage en SELARL, et donc la moitié du verdict.
Elle est le point d'entrée réel de la comparaison. Cet article décrit ce que le module reprend de la 2035, ce qu'il en reconstitue, et les trois mécanismes que personne ne devine à la lecture de l'écran — la resynchronisation, le calcul de la CAF et la primauté du millésime N.
Le fonctionnement d'ensemble du module est décrit dans le guide Utiliser le module Passage en SEL (SELARL ou SELAS). Les pages qui suivent portent sur la seule section Données financières.
Quelles lignes de la 2035 le module reprend-il ?
La section Données financières est construite sur la structure de la déclaration 2035, case par case, et non sur un plan de charges maison. Le tableau Historique sur 3 ans est organisé en trois blocs — Recettes 2035-A, Dépenses professionnelles 2035-A/B et Suivi personnel — et chaque colonne correspond à un exercice (N-2, N-1, N).
| Bloc | Ligne affichée | Cases 2035 |
|---|---|---|
| Recettes | Recettes encaissées — honoraires (AA) | AA |
| Recettes | Honoraires rétrocédés (AC) | AC |
| Dépenses | Achats (BA) | BA |
| Dépenses | Loyer et charges locatives (BF) | BF |
| Dépenses | Location de matériel et de mobilier hors redevances (BG − BW) | BG, BW |
| Dépenses | Redevances de collaboration (BW) | BW |
| Dépenses | Travaux, fournitures et services extérieurs (BH) | BH |
| Dépenses | Transport et déplacements (BJ) | BJ |
| Dépenses | Frais divers de gestion (BM) | BM |
| Dépenses | Salaires et charges du personnel (BB/BC) | BB, BC |
| Dépenses | Impôts et taxes hors CSG déductible (BD/JY/BS) | BD, JY, BS |
| Dépenses | Autres dépenses non ventilées | résiduel de BR |
| Dépenses | Charges sociales personnelles obligatoires (BT) | BT |
| Dépenses | Charges sociales personnelles facultatives — Madelin (BU) | BU |
| Dépenses | CSG déductible (BV) | BV |
| Dépenses | Dotations aux amortissements (CH) | CH |
| Dépenses | Frais financiers (BN) | BN |
| Suivi personnel | Prélèvements personnels de l'exploitant | hors liasse |
Deux lignes ne se saisissent pas : Total charges et déductions reconstitué et Bénéfice (résultat BNC) reconstitué sont recalculés à chaque frappe. Le bénéfice affiché est donc un résultat économique — honoraires moins charges détaillées — et non la case CP de la liasse, qui peut incorporer des plus-values ou des déductions étrangères à l'exploitation courante.
Trois lignes méritent une lecture attentive parce que le mapping n'y est pas un simple recopiage de case :
- Location de matériel et de mobilier hors redevances (BG − BW) — la case BG de la 2035 inclut les redevances de collaboration au titre du « dont ». Le module retient BG diminué de BW, de façon à ce que la ligne Redevances de collaboration (BW), saisie juste en dessous, ne soit pas comptée deux fois dans le total.
- Charges sociales personnelles obligatoires (BT) — quand la case BT est absente du document, le module la reconstitue par différence à partir de la case BK, dont il retranche les cotisations facultatives de la case BU.
- Autres dépenses non ventilées — cette ligne n'a pas de case dédiée. Elle est calculée comme le résidu du total des charges de la case BR, une fois retranchées toutes les lignes identifiées. Un résidu élevé signale une liasse mal reconnue, pas une charge exotique.
ℹ️ À savoir
ℹ️ À savoir — La ligne CSG déductible (BV) est saisie à part des cotisations obligatoires. Le bénéfice 2035 déclaré la déduit déjà : la fondre dans les cotisations la compterait deux fois et gonflerait artificiellement le gain affiché du passage en société.
Comment importer le PDF de la 2035 ?
Le bouton d'import du tableau Historique sur 3 ans n'accepte qu'un PDF, et une garde s'exécute dans le navigateur avant tout envoi. Un fichier vide est refusé avec le message « Le fichier est vide. » ; un fichier de plus de 10 Mo avec « Le fichier dépasse 10 Mo. » ; tout autre format avec « Seuls les fichiers PDF sont acceptés. ». Cette garde évite un aller-retour serveur sur un fichier manifestement invalide, mais elle ne remplace pas la vérification côté serveur, qui reste l'autorité.
Le serveur applique la même limite de taille, vérifie que le nom de fichier se termine bien par .pdf, puis contrôle que les premiers octets du document portent la signature %PDF — un fichier renommé en .pdf est rejeté à ce stade. L'accès à la route d'import est par ailleurs réservé aux rôles cabinet disposant d'un abonnement Partenaire, et un quota de requêtes s'applique par utilisateur et par cabinet.
Quand le serveur renvoie un message, c'est ce message qui s'affiche dans la notification :
| Situation | Message affiché |
|---|---|
| Abonnement insuffisant | « Abonnement Partenaire requis pour les modules expert » |
| Fichier au-delà de la limite | « Fichier trop volumineux (max 10 Mo) » |
| Trop d'imports rapprochés | « Trop de requêtes, veuillez patienter » |
| Document exploitable mais trop pauvre | « Le document ne contient pas assez de données fiables pour une liasse 2035. » |
Quand la réponse ne porte aucun message exploitable — rejet par l'infrastructure avant d'atteindre l'application, par exemple — le module retombe sur un message dérivé du statut HTTP : « Fichier trop volumineux (limite serveur). » sur un 413, « Erreur serveur, merci de réessayer. » sur un 5xx, et « Erreur lors de l'import. » à défaut. Une coupure réseau est distinguée d'une erreur applicative et affiche « Problème réseau pendant l'import — merci de vérifier votre connexion et de réessayer. ».
En cas de succès, la notification indique le nombre de cases réellement extraites et les exercices repris — un import multi-millésimes affiche les années dans le même message. C'est le premier contrôle à faire : un import annoncé avec très peu de cases extraites signale une liasse partiellement reconnue, qu'il faut vérifier ligne à ligne avant d'exploiter le dossier.
Le PDF importé est également versé à la gestion documentaire du client et alimente la source de vérité des états financiers du dossier, ce qui rend ensuite possible la resynchronisation décrite plus bas. Le parcours d'import générique, commun aux autres modules, est détaillé dans Importer un FEC ou une liasse.
Pourquoi le module demande-t-il un consentement à l'import ?
Une déclaration 2035 numérique est lue localement : le module tente d'abord une extraction des champs de formulaire, des coordonnées et des expressions du document, puis un second passage par un analyseur local de secours. Aucune donnée ne quitte l'infrastructure Impera dans ce cas, et aucun consentement n'est demandé.
C'est seulement lorsque ces deux passages locaux échouent — typiquement une liasse scannée, sans couche texte — que le module doit recourir à la reconnaissance optique de Mistral. Il interrompt alors l'import et affiche la fenêtre de consentement au traitement par Mistral. Le fichier n'est envoyé qu'après acceptation, et l'import est rejoué automatiquement une fois.
Deux conséquences pratiques :
- Le consentement est rejoué à l'import, même s'il a déjà été donné ailleurs. L'autorisation est vérifiée à chaque appel qui en a besoin ; elle n'est jamais présumée depuis un autre écran.
- Un refus n'endommage rien. La fenêtre se ferme, l'import est abandonné, et le tableau reste dans l'état où il était. La saisie manuelle des lignes reste disponible et produit exactement le même résultat qu'un import.
À quoi sert la bannière « Resynchroniser depuis la source » ?
Cette bannière ambre apparaît en tête de la section Données financières quand les états financiers du client ont été modifiés depuis le chargement du dossier — un réimport, une correction de reconnaissance optique, une saisie faite depuis un autre écran. Elle nomme les exercices concernés et annonce clairement le principe : « Ce dossier conserve les anciennes valeurs tant que vous ne le resynchronisez pas — un rapport déjà remis ne change jamais sans votre accord. »
La détection ne compare pas des dates de modification mais des valeurs : pour chaque exercice présent des deux côtés, le chiffre d'affaires et le résultat net sont rapprochés, avec une tolérance de 1 €.
Deux précautions rendent cette détection utilisable au quotidien, et ce sont elles qui expliquent l'absence de faux positifs :
- Les champs retraités manuellement sont neutralisés. Dès que vous éditez une cellule d'un exercice, le module mémorise le champ modifié. Un chiffre d'affaires retraité à la main n'est plus comparé à la source. Et dès qu'une cellule quelconque de la ligne a été touchée, le résultat net cesse lui aussi d'être comparé — puisqu'il se recalcule en cascade à partir de vos saisies. Sans cette règle, tout retraitement d'expert-comptable déclencherait la bannière en permanence.
- Les lignes source repassent par le constructeur de l'import avant d'être comparées. Le module ne confronte pas votre tableau au résultat net brut de la liasse : il projette d'abord les données source à travers le même constructeur que celui de l'import, sélection des liasses 2035 comprise. Le résultat BNC est donc recalculé des deux côtés selon la même règle. Sans ce passage, la bannière serait irrésorbable : elle réapparaîtrait immédiatement après chaque resynchronisation.
⚠️ Attention
⚠️ Attention — Si la resynchronisation échoue — source indisponible, aucun exercice à reprendre —, la bannière reste affichée. C'est délibéré : rien n'est plus dangereux qu'une bannière qui disparaît en laissant croire à une mise à jour qui n'a pas eu lieu. Une resynchronisation réussie, elle, remplace les trois exercices et propage l'année N vers le simulateur.
Comment le module calcule-t-il la CAF de l'exercice BNC ?
La capacité d'autofinancement de l'exercice BNC vaut le résultat BNC augmenté des dotations aux amortissements, sans autre réintégration. À chaque cellule modifiée, le module recalcule le bénéfice puis cette CAF, qu'il borne à zéro par le bas.
CAF BNC = résultat BNC + dotations aux amortissements (CH)
Deux postes que l'on s'attendrait à voir réintégrés ne le sont volontairement pas :
- Les frais financiers (BN) — ce sont des décaissements réels de l'exercice. Les réintégrer produirait une capacité de remboursement que le praticien n'a pas.
- Les cotisations facultatives Madelin (BU) — même raison : le contrat est appelé et payé, l'argent est sorti.
Cette convention est plus prudente que celle d'une CAF « bancaire » classique, où les frais financiers sont réintégrés avant d'être comparés au service de la dette. Elle est cohérente avec l'usage qui en est fait ici : la CAF de la jambe BNC sert à documenter la situation actuelle du praticien, pas à calculer le DSCR de la société cible. Ce dernier repose sur la CAF de la SELARL et sur une réintégration explicite des charges financières, détaillée dans Financer un passage en SELARL.
Pourquoi seul le millésime N alimente-t-il le simulateur ?
Une note l'annonce sous le tableau : « Les valeurs de l'année N alimentent automatiquement les Honoraires et les charges du simulateur. » Modifier une cellule de N-1 ou de N-2 enrichit l'historique, mais ne déplace aucun chiffre de la simulation.
Les exercices antérieurs ne sont pas décoratifs pour autant. Ils servent à deux choses : la valorisation de la patientèle, qui retient la moyenne des trois derniers exercices quand l'historique est renseigné plutôt que le seul chiffre d'affaires de N, et la crédibilité du dossier bancaire. Un exercice N-2 vide déclenche d'ailleurs un avertissement explicite : « L'historique N-2 n'est pas renseigné. Un historique sur 3 ans renforce la crédibilité du dossier. »
La propagation de l'année N vers le simulateur n'est pas une recopie brute, et c'est un point que les écarts constatés à l'écran rendent souvent obscur. Les charges d'exploitation transmises au moteur excluent trois familles de postes :
| Poste exclu de la propagation | Pourquoi |
|---|---|
| Cotisations obligatoires (BT) et Madelin (BU) | Le moteur les recalcule selon le régime cible — TNS gérant majoritaire ou assimilé salarié. Les transmettre les compterait deux fois. |
| Dotations aux amortissements (CH) | Suivies séparément dans la simulation, sous leur propre poste. |
| Frais financiers (BN) | Dérivés de la configuration d'emprunt par le moteur, pas de l'historique. |
C'est la raison pour laquelle le total des charges affiché dans le tableau 2035 ne se retrouve jamais tel quel dans les charges d'exploitation de la société simulée.
Comment lire le benchmark ARAPL affiché sous le tableau ?
Sous l'historique, un bloc Benchmark BNC compare l'exercice N du praticien aux statistiques nationales du réseau des ARAPL, quand sa profession figure dans le référentiel et que ses honoraires sont non nuls. Le pied du bloc rappelle l'année de publication du panel et l'effectif de la profession dans l'échantillon.
Le tableau confronte trois colonnes — Client (N), Moyenne et Écart — sur les recettes nettes, le total des charges, les cotisations sociales, le bénéfice et le taux de marge. Un badge Quartile n/4 situe le praticien dans son panel, à partir de ses seules recettes nettes : c'est un positionnement par la taille, pas par la rentabilité. Un praticien du quatrième quartile est un gros facturier, ce qui ne dit rien de sa marge.
💡 Astuce
💡 Astuce — Le sens de la couleur de l'écart est volontairement inversé sur deux lignes. Sur les recettes, le bénéfice et le taux de marge, un écart positif est favorable et s'affiche en vert. Sur Total charges et Cotisations sociales, c'est l'inverse : un écart négatif est favorable, puisque dépenser moins que la moyenne de sa profession est une bonne nouvelle. Un écart inférieur à 5 points de pourcentage en valeur absolue reste affiché en gris — la comparaison n'est pas assez tranchée pour être commentée.
Deux limites doivent accompagner toute restitution de ce bloc à un client. Le panel ARAPL porte sur l'exercice individuel en BNC : ses ratios de charges, de bénéfice et de cotisations ne sont pas transposables à une SELARL ou à une SELAS, où la rémunération du dirigeant et l'impôt sur les sociétés changent structurellement la structure de coûts. Et la ligne Total charges du client reprend l'intégralité des charges du tableau 2035, cotisations personnelles et dotations comprises : le périmètre du panel n'est pas nécessairement identique, ce qui fait du rapprochement un ordre de grandeur, pas un écart mesurable.
Les pièges de la reprise d'une 2035
Les prélèvements personnels ne diminuent pas le bénéfice. C'est le contresens le plus fréquent, et le module l'annonce sous le tableau : les prélèvements saisis retracent les retraits de l'exploitant — train de vie et impôt sur le revenu — mais ils ne sont pas une charge déductible. Le module les utilise dans l'autre sens : il en retranche l'impôt sur le revenu qu'il a lui-même estimé sur le bénéfice fiscal, pour reconstituer le reste à vivre réellement disponible du praticien. Saisir un prélèvement en croyant réduire le résultat fausse la comparaison BNC / SELARL du côté BNC, c'est-à-dire du côté qui sert de référence à tout le reste.
Le chiffre d'affaires affiché est net de rétrocessions. Les honoraires rétrocédés de la case AC sont retranchés du chiffre d'affaires présenté, pas traités en charge, parce que le prévisionnel de la société est lui-même net de rétrocessions. Le bénéfice et le net du praticien, eux, sont inchangés — la rétrocession est seulement reclassée.
Un import ne remplace pas une relecture. L'import écrase les lignes de l'exercice concerné avec les valeurs de la liasse, en conservant les valeurs déjà présentes pour les postes absents du document. Sur une liasse scannée passée par reconnaissance optique, vérifiez systématiquement le total reconstitué et le bénéfice avant d'aller plus loin : une case mal lue se propage jusqu'au verdict.
Le résultat reconstitué peut différer de la case CP. C'est attendu. Le module privilégie le résultat économique calculé depuis le détail des charges dès que ce détail existe, parce que c'est lui qui est comparable à la jambe société. Un écart important avec le résultat fiscal déclaré signale en général une plus-value ou une déduction qu'il faut expliquer, pas une erreur de reprise.
Ouvrir le module Passage en SELARL
Articles connexes
- Utiliser le module Passage en SEL (SELARL ou SELAS) — le guide de référence du module, du contexte du dossier au rapport PDF : la reprise de la 2035 n'en est que la première étape.
- Déclarer en 2035 — la construction du bénéfice 2035 ligne à ligne, pour vérifier que les lignes reprises correspondent bien à la déclaration du praticien.
- Financer un passage en SELARL : DSCR, CAF résiduelle et seuils bancaires — l'étape suivante : la CAF de la jambe BNC n'est pas celle qui sert au DSCR de la société.
- Importer un FEC ou une liasse — le parcours d'import commun aux autres modules, utile quand le dossier mobilise plusieurs sources comptables.
- Comprendre le chaînage et la fraîcheur — la bannière de resynchronisation appartient à une famille de signaux plus large, dont les badges de fraîcheur du prévisionnel lié.
